Le projetEDUCATION III - Comores


I - Introduction

Dans le cadre du Plan Directeur de l’Education, le gouvernement comorien a négocié le financement de certaines activités jugées prioritaires par les parties qui l’ont élaboré au cours des états généraux de 1994, notamment : l’amélioration de la qualité de l’enseignement primaire, la participation des communautés locales à l’éducation et l’amélioration de la main d’oeuvre qualifiée ; ce choix prend en compte les analyses économiques institutionnelles et politiques. Il convient de préciser que les Comores vivaient en 1997, période de la négociation du Projet Education III, une situation politique tourmentée marquée par une crise séparatiste née de la sécession de l’île de Ndzuani.
A l’époque, les principales activités retenues prioritaires pour bénéficier de financement sont la composante de l’enseignement primaire et participation communautaire, et celle de la formation Professionnelle et technique, dans une gestion efficace du projet.


Six années après la signature de l’accord de crédit N° - 031- COM intervenu le 24 octobre 1997, pour un montant de 5 100 000 DTS équivalent à 3 606 720 000 KMF, 3 ans et 6 mois après sa mise en vigueur le 23 juin 2000, à la date du 31 décembre 2003, le projet éducation est exécuté à hauteur de 98% dans toutes ses composantes. Rappelons que la mise en vigueur était conditionnée, lors de la revue conjointe du portefeuille des projets du 06 au 11 mars 2000, par :
- la transmission des originaux des avis juridiques
- le dépôt des fonds de contre - partie, et
- la mise en place d’un système de gestion comptable et financière du Projet.

Le tout assorti de la réconciliation nationale, de mesures de réformes, d’une amorce de bonne gouvernance pour la stabilité et la croissance économique, avec le paiement des arriérés dus au titre des crédits de l’IDA à régler avant le 31 décembre 1999.


II - Objectifs et réalisations du crédit du Projet Education III

Le Projet Education III est destiné à appuyer les investissements dans les deux premiers
sous-secteurs prioritaires identifiés dans le Plan Directeur, à savoir l’enseignement primaire et la formation professionnelle, avec renforcement des capacités locales en matière de planification, d’exécution, de suivi et d’évaluation des activités financées dans le cadre du Projet.


II.1/ Premier objectif : améliorer la qualité de l’enseignement primaire. (coût estimé à 4.5 millions de dollars, soit 65% du coût du PEIII).

Dans le cadre de l’assimilation des connaissances au niveau primaire, le Projet a appuyé les réalisations ci-dessous :
(a) pour la participation des parents, des élèves et des enseignants :
Création de plus de 70% de conseils d’écoles sur l’étendue du territoire national (le pourcentage complémentaire étant pris en compte par d’autres bailleurs). Cette mise en place de conseils d’école a été suivie par une formation initiale sur les rôles des membres et le fonctionnement des conseils.
Fourniture de 148 salles de classe réparties dans 84 écoles. En effet, le Projet a permis à 31% des écoles primaires publiques de disposer de salles de classe supplémentaires équipées en mobiliers scolaires, latrines et bureaux de directeurs ;
(b) pour la qualité du processus éducatif :
263110 manuels scolaires sont distribués dans les établissements à raison d’un livre par élève. Ils sont livrés et repartis comme suit :
Mwali : 17429
Ndzuani : 115783
Ngazidja : 129898

24 nouvelles écoles primaires publiques viennent d’être recensées (08 à Ngazidja, 15 à Ndzuani et 1 à Mwali). Faute de crédit disponible, le Projet n’a pas été en mesure de programmer une nouvelle commande. De même qu’il n’a pas pu acquérir les guides pour les maîtres en sciences. Il est également à souligner qu’il n’a pas été possible de réaliser la formation des maîtres sur l’utilisation de ces nouveaux manuels en Ngazidja comme à Ndzuani, même si des améliorations sont observées au niveau des résultats scolaires.
Pour les enseignants, le Projet a fourni, outre les 1800 cartables distribués aux enseignants ayant le plus d’années de service dans l’ensemble des écoles du pays, 2362 livres de français et 2337 de mathématiques ; soit au total 4699 guides de maître. Le tout représente un capital de manuels
pédagogiques de 266 971 livres à gérer par les conseils d’école.

Dans ce même processus, le Projet a fourni à chaque école primaire publique un lot de kits pédagogiques composé d’un dictionnaire, d’une carte géographique des Comores, d’une carte géographique Afrique, d’une balance Roberval (pm) avec différents poids, d’un planisphère et d’un décamètre.
Pour assurer le bon déroulement des rentrées scolaires 2001-2002 et 2002-2003, le Projet a financé
la dotation de fournitures scolaires et équipements sportifs pour toutes les écoles primaires publiques du pays.
- La formation des encadreurs pédagogiques : Dans le cadre des changement des pratiques de
supervision pour permettre à un encadrement et un suivi efficace, 15 inspecteurs de l’enseignement primaire et 29 conseillers pédagogiques ont été formés pendant deux ans et respectivement à l’INFP de Mahamasina à Antananarivo et dans les IFERE de Patsy (Anjouan) et de Moroni (Ngazidja). Ces encadreurs sont opérationnels, en poste depuis la rentrée scolaire 2003/2004.
- Les inspections pédagogiques : les encadreurs nouvellement en poste, vont bénéficier des matériels roulants et informatiques mis à la dispositions de leur prédécesseurs dans les inspections et Circonscriptions d’Inspection Pédagogiques Régionales des îles pour l’exercice de leursfonctions.
- La formation continue des enseignants : pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement, le
Projet Education III a financé les services d’un consultant pédagogue pour les concertations dans des regroupements dans les îles. Quatre stages ont été retenus.
Stage 1 : concerne 771 enseignants nouvellement recrutés et / ou non qualifiés.
Stage 2 : concerne les 2383 enseignants sur l’utilisation des nouveaux manuels.
Stage 3 : s’adresse aux 293 directeurs d’écoles et adjoints, sur l’acquisition des compétences sur les rôles pédagogique, administratif et social d’un gestionnaire d’établissement scolaire.
Stage 4 : 1152 membres de conseils d’écoles sont concernés pour la communautarisation efficace
des établissements primaires, la contribution de la communauté à l’accès à une éducation de
qualité avec un accent particulier sur l’approche genre et sur la gestion efficiente de l’école.


II .2/ Deuxième objectif : Améliorer la formation des travailleurs qualifiés.

Dans le domaine de la Formation Technique et Professionnelle ,le Projet Education III visait dans sa composante B à améliorer la qualité da la main d’oeuvre , grâce à la mise en place d’un système de formation , induit par la demande , autonome , souple et efficace basé sur le partenariat et le cofinancement (le coût de cette composante est estimé à 1,0Millions US$ soit 14% du coût total du Projet).
Il s’agit de : (i) la création d’une structure autonome qui sera géré par un Conseil d’Administration indépendant ; (ii) la préparation et la réalisation de sous-projets de formation répondant à des besoins identifiés sur le marché du travail ; (iii) la création d’un Fonds d’Appui à la Formation (FAF) et la mise en place de mécanismes de financement pour alimenter ce Fonds avec l’implication et la
participation de l’Etat et du secteur privé ; (iv) l’appui aux établissements de formation pour les rendre plus autonomes et renforcer les compétences dans les domaines de la gestion et la préparation de programmes modulaires adaptés aux besoins du marché de travail.
Les réalisations Pour atteindre cet objectif, les activités ont été identifiées pour être exécutées pendant la durée du Projet : (i) établissement d’un système de formation performant par la création de l’Office de la Formation Technique et Professionnelle (OFTP) , structure autonome chargée de la mise en place du nouveau système de formation ; (ii) information et sensibilisation des différents partenaires (Etat , promoteurs économiques communautés villageoise , ONG groupements de producteurs …) ; (iii) mise en place du FAF ; (iv) réalisation de sous-projets de formation ; (v) réalisation d’études de préparation et d’évaluation des sous-projets de formation ; (vi) appui aux établissements de formation par la formation des formateurs.

1) Etablissement du nouveau système de formation : Le nouveau système de formation a été mis en place conformément aux objectifs fixés dans le Projet Education III approuvés par le l’Emprunteur et le Bailleur de Fonds. La loi N° 97-002/AF du 06 juin 1997 et le décret N°97-008/PM du 31 juillet
1997 ont instauré un cadre juridique et institutionnel de l’OFTP et fixé les missions de ce dernier.

Conformément à la loi de création et aux statuts de l’OFTP, les organes de l’Office ont été mis en place en 1998 pour le Conseil d’Administration et en 2000 pour la Direction. Il est à souligner que l’OFTP bénéficie d’une autonomie administrative et financière étant donné la composition de son Conseil d’Administration ( où l’Etat ne dispose que de 4 sièges sur 11) et le rôle joué par ce dernier dans la programmation des activités et la prises des différentes décisions.
Comme prévu dans l’Accord de Crédit le Projet a financé les équipements et matériels nécessaires, ainsi que le fonctionnement de l’OFTP. Quant au personnel, son effectif a été considérablement réduit par rapport au Projet initial, en vue de renforcer les Directions Exécutives Régionales (DER) qui ont été créées dans les 3 îles. L’OFTP s’appuyait sur les DERs pour la réalisation des activités à Anjouan et à Mohéli. Pendant ces trois années d’activité du Projet, l’OFTP a initié le système de
formation induit par la demande, basé sur le partenariat et le cofinancement, et les résultats
enregistrés seront présentés dans les parties qui suivent.

2) Information et sensibilisation des partenaires : cette nouvelle approche dans la formationprofessionnelle avait besoin pour réussir du soutien de tous les partenaires, d’où l’importance accordée aux activités d’information et de sensibilisation. La Direction de l’OFTP a organisé, avec l’appui des DER et des membres du Conseil d’Administration des réunions dans les différentes régions du pays pour présenter à tous les acteurs de l’Economie nationale le nouveau système de formation et leur expliquer les procédures et les conditions requises pour bénéficier des formations.
Le principal résultat enregistré est la forte adhésion de la population qui a accepté l’idée que chacun doit participer au financement de sa propre formation à en juger par le nombre de demande de formation qui continue à arriver à la Direction de l’OFTP.

3) Mise en place du FAF : Pour financer les sous-projets de formation (préparation, réalisation
suivi et évaluation ), l’OFTP dispose d’un Fonds d’Appui à la Formation (FAF) qui a été alimenté par les crédits du Projet. La Direction de l’Office a élaboré un manuel de gestion qui fixe les conditions d’éligibilité à ce fonds, les procédures de montage d’un dossier de sous-projet ainsi que les procédures d’exécution de suivi et d’évaluation. Le Projet prévoyait qu’à la fin du Projet, le FAF sera alimenté à 100% par la contribution des entreprises et des organisations professionnelles. Mais
la conjoncture économique n’a pas permis d’atteindre cet objectif. Bien sûre, la part versée par l’OFTP dans le financement des sous-projets de formation est allée en diminuant pour passer de près de 90% en 2000 à moins de 70% en 2003 alors que la contribution du bénéficiaire est passée de 10 à 22% pendant la même période. Ca montre que cette prise en charge doit être progressive et programmée à moyen terme. L’OFTP a fait réaliser à la fin de l’année 2003 une étude sur ce financement. Dans les recommandations, l’étude propose les mécanismes à mettre en place en vue de
mobiliser des fonds pour alimenter le FAF avec la contribution de tous les partenaires. Les autorités comoriennes vont, après concertation avec toutes les parties concernées, prendre les dispositions et mesures nécessaires pour la mise en oeuvre et le suivi de ces recommandations et assurer ainsi la pérennisation des activités de l’OFTP.

4) Réalisation des sous-projets de formation : Le travail de préparation et réalisation des sous-projets de formation a eu un démarrage difficile pour ensuite connaître dès le deuxième semestre 2001 une accélération qui n’a cessé d’augmenter jusqu’à la fin de l’année 2003. Le Projet a permis de réaliser plus de 130 sous-projet et former plus de 43300 personnes. Ces chiffres montrent que dans ce domaine l’objectif fixé dans les documents du Projet est largement dépassé puisqu’on prévoyait la réalisation de 52 sous-projets et la formation de 800 personnes.
Le Projet a contribué à l’amélioration de la qualité de la main d’oeuvre et à l’insertion professionnelle des jeunes et fourni un appui aux petits producteurs et aux petits artisans. En effet sur l’ensemble des trois îles:
(i) plus de 300 pêcheurs ont été formés sur les techniques de pêche, la sécurité en mer et la mécanique HB et sont capables d’assurer les petits entretiens de leur embarcation et de leurs moteurs (ii) plus de 350 producteurs maraîchers ont suivi des formations sur les techniques de fertilisation des terres et autres techniques de production comme la production en contre saison en vue d’améliorer la qualité et le rendement dans des domaines qui étaient jusqu’ici mal maîtrisés comme la production de l’oignon ou de la pomme de> terre (iii) des dizaines de personnes ont bénéficié de formation en poterie, en broderie et en vannerie et vont devenir des animateurs ou des fournisseurs pour la Maison de l’Artisanat qui va ouvrir à Anjouan avec l’appui du Projet PDLC de la Coopération Française
(iv) une centaine de jeunes anciens miliciens ont été formés à Anjouan et vont grâce à l’appui financier du Projet AMIE , des SANDOUK, des MECK et d’autres organisations , s’installer dans des secteurs comme la pêche , l’aviculture , la réparation automobile ; (v) plus d’une centaine de personnes (dont 70% de femme) composées de petits
commerçants de vendeuses du marché, de petits artisans menuisiers, les petits maçons et de couturières ont reçu une formation d’alphabétisation fonctionnelle qui leur a permis, chacun dans son secteur, de connaître les outils de base de gestion et avoir
une bonne maîtrise.

5) L’évaluation des besoins : Cette fonction n’a pas été réalisée pendant la période du Projet dans le sens d’un suivi régulier de l’évolution du marché du travail, l’OFTP ne disposant pas d’assez de moyen pour la réalisation d’une telle mission. Toutefois, l’Office prend toutes les dispositions pour vérifier l’état des besoins à chaque fois q’une demande de formation lui est adressée. Cette évaluation des besoins est réalisée soit par les services de l’OFTP sous forme d’enquête auprès des candidats à la formation soit sous forme d’une étude confiée à un consultant.
Par rapport au suivi régulier de l’évolution du marché en terme de besoins de formation, l’Office a initié un projet de création d’un Observatoire de l’Emploi et des Formations. Ce Projet qui bénéficie de l’appui du PRIMTAF de la Coopération Canadienne dans sa première phase, sera réalisé en partenariat avec la Direction de l’Emploi, le Commissariat Général au Plan ( le Service des Statistiques ) et l’UCCIA.

6) Appui aux établissements de formation : Cet appui a essentiellement porté sur le développement professionnel du personnel en poste dans ces établissements en vue d’améliorer leurs compétences et leur permettre de développer de nouveaux produits et de nouveaux programmes dans l’objectif de renforcer l’autonomie dont bénéfice ces établissements. Suivant l’Accord de Crédit et les aides - mémoires de différentes missions de supervision du Projet, une étude sur ces établissements a été réalisée pour faire l’état des lieux et évaluer les besoins. Il a été recommandé dans cette étude d’orienter les formations dans les directions suivantes : (i) amélioration des compétences techniques des formateurs ; (ii) la méthodologie et l’élaboration des programmes ; (iii) l’organisation et la gestion des établissements de formation.
C’est ainsi que l’Office a financé des formations de perfectionnement technique en faveur de 10 formateurs (2 de l’ENTP, 2 du CNH et 6 de l’ENAC) et une formation en gestion en faveur du Directeur de l’ENAC. D’autres formations ont été programmées pour l’année 2003 mais n’ont pas pu être réalisées à cause d’un manque de crédit. Il s’agit : d’une formation de perfectionnement technique en faveur de trois formateurs de l’ENTP ; (ii) une formation (pédagogique ) sur l’approche par compétence en faveur d’un groupe de formateurs sélectionnés dans tous les établissements de formation ; et (iii) une formation sur la gestion des établissements de formation.

7) Suivi et évaluation : Des mécanismes ont été mis en place par l’OFTP pour assurer un suivi régulier des sous-projets de formation et un suivi des personnes formées.
a) le suivi des sous-projets de formation : C’est un suivi pendant la formation qui était réalisé sous forme de visites effectuées (pour chaque sous-projet ) par la Direction de l’OFTP ou la DER. Pendant ces visites, l’équipe de l’OFTP évaluait l’état d’avancement de l’activité, s’assurait du respect des termes du contrat par chacune des parties engagées et recueillait leurs avis et remarques sur l’organisation et la réalisation de la formation. Ces visites de suivi ont dans certains cas conduit à des révisions des programmes de formation, des réaménagements des emplois du temps des amendements ou des suspension des contrats.
b) le suivi des personnes formées : Ce suivi était organisé sous forme d’étude d’évaluation d’impact portant sur un échantillon de sous-projets achevés depuis au moins 6 mois. C’est ainsi que nous avons recruté des consultants indépendants pour réaliser des études
d’évaluation de l’impact des certains sous-projets de formation exécutés entre 2000 et 2002.
Les études ont porté sur total de 15 sous-projets (soit plus de 10% des sous-projets réalisés) choisis dans différents secteurs et sur l’ensemble des 3 îles. Les informations demandées à travers ces études portaient sur :
1. l’impact sur la personne formée : la maîtrise des techniques enseignées, leur utilisation, l’amélioration des compétences, l’impact sur les revenus …
2. l’avis des personnes formées sur ce système de formation initié par l’OFTP, basé sur le partenariat et le cofinancement
3. l’impact sur le rendement professionnel : la vitesse d’exécution des tâches, la qualité du service, l’augmentation des commendes et de la clientèle …
4. appréciation et avis de la population et des clients bénéficiaires (ou consommateurs) des services fournis par la personne formée D’une manière générale, on peut dire que l’impact est positif dans la mesure où : (i) plus de 80% des personnes formées travaillent (soit à leur propre compte soit chez un employeur) ; (ii) la grande majorité des personnes interrogées sont satisfaites et trouvent que la formation a répondu à leur attente ; (iii) toutes les personnes interrogées souhaiteraient suivre d’autres formations avec l’OFTP et sont prêtes à participer au financement de la formation en payant une partie des frais de leur propre formation.


II. 3/ Assurer une gestion efficace du PROJET (coût estimé à 0.8millions US $, soit 11% du coût du Projet)

En 1994, le Ministère de l’Education a créé une unité centrale pour coordonner tous les projets dans le secteur de l’éducation : le Centre National de la Gestion et de l’Exécution des projets d’éducation (CNGEPE). Cette unité a été chargée de la mise en oeuvre du deuxième Projet d’Education, intégrant ainsi le personnel du Bureau d’Exécution du Projet Education (BEPE) qui avait été créé pour coordonner l’exécution du Deuxième Projet Education qui a pris une grande part dans la préparation du Plan Directeur de l’Education. En consultation avec les bailleurs de fonds, le Ministère de l’Education a décidé de créer, le cas échéant, des unités séparées pour l’exécution des projets qui seront chargées de superviser les activités financées par le projet et de gérer les opérations au jour le jour.
Voilà pourquoi est créée la Cellule de Gestion du Projet Education (CGPE) pour assurer la liaison
avec le CNGEPE de manière à coordonner efficacement les activités dans le cadre du Plan Directeur.
Seulement le CNGEPE est dissout quelques temps avant l’installation de la CGPE dont le coordonnateur général supervise le Projet Education avec la collaboration du Directeur de l’Office de Formation Technique et Professionnelle (OFTP).

Les structures du Projet
Le Projet a appuyé la création de la CGPE. Il a également financé la remise en état des locaux destinés à abriter la CGPE et l’OFTP. Il faut préciser que l’installation des structures du Projet a commencé au 4ème trimestre de l’année 1998 dans le building du Ministère de l’Education Nationale de l’époque, et s’est achevée en avril 2001. Tout le personnel du projet a été recruté et a pris son service, notamment celui des Directions Exécutives Régionales (DERs) des îles. Ces DERs non
prévues dans les négociations du projet ont été créées suite à la forte demande de décentralisation au cours des négociations de la réconciliation nationale.
Le personnel du projet a suivi les formations dans les domaines qui suivent : (i) la gestion comptable et financière, (ii) la gestion des projets, (iii) la passation des marchés, (iv) l’utilisation de l’outil informatique.

Un système de gestion a été mis en place pour faciliter le travail de gestion quotidienne du Projet, même si ce système s’est avéré défaillant.
Le développement institutionnel A ce niveau, le Projet a fourni des moyens nécessaires pour accompagner les services de planification, des statistiques et de cartes scolaires pour la mise en place de banques de données et la production des tableaux de bords sur l’Education. Il a aussi contribué à la formation des cadres des services centraux et régionaux des Ministères en charge de l’Education, permettant ainsi la reprise de la production des tableaux de bords par île en 2002/2003.
Elaboration du Plan National d’Actions de l’Education Pour Tous (PNA/EPT)
Le Projet a financé les consultations et les activités pour la réalisation du PNA/EPT et certaines contributions à l’élaboration de la Note Sectorielle de l’Education.
Situation financière et passation des marchés

Sur le plan de la tenue des comptes, le Projet Education est confronté à une difficulté au niveau de la comptabilité. Les seuils des comptes spéciaux 350,000 US$ pour le compte A et 150,000 US$ pour le compte B ont marqué l’exécution du Projet dans la mesure où ils se sont démontrés très insuffisants pour faire face aux activités programmées au cours des années. Le rehaussement du seuil du compte spécial A de 350,000$ US à 500,000$ US en juin 2002 a permis au Projet d’accélérer ses activités pour atteindre 98% des décaissements prévus fin 2003.
Rappelons que les seuils de 350,000 US$ du compte A et 150,000 US$ du compte B ont été calculés sur la base de 5 ans de décaissement sur les 5,100,000 DTS, or les gestionnaires du Projet étaient
contraints par l’accord de crédit d’exécuter le Projet en deux ans et après amendement en 3 ans. Des factures restent en instance au 31 décembre 2003, ce qui entraîne le non-paiement des services rendus par des fournisseurs.
L’issue de la séance de travail de la Commission de Vérification des Comptes(unité sous l’autorité de la Présidence de la République) qui a débuté le04 février 2004, permettra à l’Emprunteur et à l’Administrateur des crédits du Troisième Projet Education d’envisager la suite urgente à donner aux factures en instance.

III - Appréciations critiques

Le Projet Education est le plus grand intervenant dans le domaine de l’Education. Les autorités
comoriennes considèrent unanimement que ce Projet Education III est important, utile. Il bénéficie ainsi de leur appui et de leurs bonnes dispositions, même si elles estiment que le Projet est quelque peu dépassé à cause du retard de 3 ans de son démarrage et de son intervention unique dans le seul niveau primaire.
Les actions financées par le Projet Education sont identifiées et demandées par les différents Ministères de l’éducation et celui des Affaires Sociales, (à travers les inspecteurs, les directeurs techniques, y compris les activités dont bénéficient les gestionnaires du Projet) qui avalisent les requêtes des collectivités locales qui formulent souvent des demandes de construction des salles de classe. Toutes les autres activités sont identifiées par les techniciens ou par les groupementscoopératifs pour le cas des sous - projets de formation. La responsabilité technique de chaque action
incombe au demandeur. Les Ministères ne sont pas toujours en mesure de suivre les activités du Projet ; ils ne disposent pas des moyens à la hauteur des mouvements de celui-ci, qui semble être un état dans un état (allusion à l’appui institutionnel demandé par l’ancien Ministère de l’Education pour permettre à l’institution de suivre les activités du Projet).
Des difficultés de crédits ont été observées dès le démarrage du projet à cause du seuil trop bas de décaissement. Il a été constaté aussi le rythme lent des décaissements (environ 2 mois d’attente entre la date d’envoi de la DRF et l’approvisionnement du compte spécial du montant demandé) Sur le cas précis, nous saluons la disponibilité de l’équipe de la Banque Mondiale à accompagner les autorités comoriennes et les gestionnaires du Projet dans la recherche des solutions. 04(quatre) amendements ont été nécessaires pour adapter les procédures aux exigences de la population dans les nouvelles institutions politiques mises en place.

Dans la composante A : Suivant les données disponibles, le Projet a contribué positivement au développement du système éducatif, grâce à une amélioration de la situation avec un taux brut d’admission de 97% en 2002/2003 sur le territoire national. L’augmentation du taux d’admission en CP1 dans cette période du Projet, est de 91%. Le Projet a également contribué à redonner du crédit à l’enseignement primaire public en accord avec les autorités éducatives qui ont maintenu la régularité des salaires durant l’exécution du projet, évitant ainsi le spectre de la grève des enseignants. Cependant, dans le cadre des formations des enseignants et membres des conseils d’écoles, des formations, entamées ou non, restent à réaliser, particulièrement celle relative à l’utilisation des manuels scolaires. Un constat de manque de crédit a interrompu toute suite à donner à presque toutes les activités du quatrième trimestre 2003.

Dans la composante B : La mise en oeuvre de l’OFTP et de ses activités ne s’est pas effectuée sans difficultés. Mais malgré ces difficultés, on peut dire que l’Office a assuré les missions qui lui ont été fixées dans l’accord de crédit et dans les textes réglementaires et les objectifs principaux ont été réalisés à plus de 90% et même dépassés dans certains cas.
a) les principaux résultats : Le Projet a apporté son appui pour développer dans le pays une culture de partenariat dans l’organisation, la gestion et le financement de la formation professionnelle.
Et les principaux résultats à retenir après ces trois années d’activité du Projet sont les suivants : (i) l’OFTP, promoteur de ce nouveau système est bien opérationnel sur l’ensemble du territoire national et il est doté de moyens matériels, pédagogiques et humains qui lui permettront , s’ils sont maintenus de poursuivre les activités après le Projet ; (ii) l’OFTP a réussi en moins de trois ans à sensibiliser et mobiliser les partenaires , et mettre en place le nouveau système de formation ; (iii) système de formation qui s’est avéré souple, adapté et capable de répondre rapidement et efficacement aux besoins exprimés par les promoteurs économiques ; (iv) toutes les formations ont été réalisées en partenariat avec les bénéficiaires; (v) l’image de la Formation Professionnelle a été valorisée auprès d’une grande partie de la population active qui a désormais compris que la connaissance et la maîtrise des techniques du métier qu’on exerce (ou qu’on veut exercer) est l’un des facteurs de réussite ;
b) les points faibles : Un certain nombre de points risque de fragiliser le système s’ils ne sont pas rapidement résolus. Il s’agit de :
i) La mise en place des mécanismes de financement de la formation : le Projet s’est achevé avant que l’OFTP et ses partenaires aient pu mettre en place ces nouveaux mécanismes. En effet, avant de définir et arrêter les nouveaux mécanismes de financement, il a fallu sensibiliser et mobiliser les partenaires et obtenir leur adhésion au nouveau système pour ensuite réaliser une étude sur le financement dont les recommandations devraient présenter les différentes options possibles et présenter un plan de mise en oeuvre. A cause de la mise en oeuvre tardive du Projet Education III, cette étude n’a pu être réalisée qu’au 4e trimestre 2003 et le rapport a été remis à la fin du mois de décembre 2003.
ii) La réduction du personnel : L’OFTP a fonctionné avec un personnel réduit de plus de 50% par rapport aux effectifs prévu dans les documents du Projet. C’est en s’appuyant sur le personnel en poste dans les Direction Exécutive Régionales du Projet que les différentes activités ont pu être réalisées. Avec la fin du Projet et la fermeture de ces DER, l’Office aura besoin d’un renforcement de ses effectifs pour faire face aux demandes de formation qui lui sont adressées.

Dans la composante C : 20 % du personnel initialement prévu n’a pas été obtenu. La formation très tardive du personnel en poste a marqué les réalisations par quelques incohérences marquées par des retards et /ou par des erreurs.

La leçon à tirer est celle qui devra guiderait à confirmer les compétences des techniciens nouvellement rentrés de leurs pérégrinations. Une mise en condition et une harmonisation des connaissances du pays et de ses réalités doit s’ajouter aux connaissances techniques ramenées par le technicien à recruter.
Un suivi-évaluation annuel de la gestion du Projet par le Ministère de tutelle est nécessaire. A défaut, une prise en compte assidue du rapport trimestriel du gestionnaire du projet serait bénéfique pour tous. Le grand esprit d’accompagnement et de compréhension manifesté par la Banque tout au long de l’exécution du Projet est à saluer avec reconnaissance. Au cours du Projet, il y a eu (4) amendements de l’accord de crédit N° 031-COM, et la Banque a su accompagner le Gouvernement comorien dans la recherche de solution pour la satisfaction de la population du pays. La conditionnalité de la contre - partie du Gouvernement, parce que celui-ci l’a demandé au bailleur de fonds de le minimiser pour permettre au Projet sa mise en vigueur immédiate pour le bien de la population des Comores.